Notre sélection de 12 films de guerre à voir absolument

Il y a 6 mois 7724

L’Ukraine est en flammes, le Festival de Cannes présente le documentaire de Loznitsa, « The Natural History of Destruction » et l’odeur de brûlé est dans l’air du temps. Le cinéma de guerre se résume en un mot : l’enfer. Lieu commun des champs de bataille hollywoodiens, soviétiques ou italiens, cette géhenne cinématographique a vu passer John Wayne en héros massacreur (mais au grand cœur), Lee Marvin en grande gueule (mais au grand cœur aussi), Nikolaï Tcherkassov en prince impitoyable (mais clairvoyant) ou Laurel et Hardy en lanceurs de tartes (c’est la guerre à la crème). Le genre est proprement cinématographique, hautement dramatique et parfaitement spectaculaire. Quoi de plus beau qu’une belle explosion ou une sublime charge, avec un message humaniste qui réconcilie spectateurs et critiques ? Chacun sa liste de films de guerre. Voici la nôtre.

Albert Dieudonné dans « Napoléon » d’Abel Gance.Albert Dieudonné dans « Napoléon » d’Abel Gance.

1« Napoléon » d’Abel Gance (1927). Apogée du cinéma muet, saga grandiose mutilée, remontée, reconstituée, recollée, le film a été tourné par à-coups (faillite du producteur), tourné avec dix-huit caméras, projeté sur un triple écran et tailladé par les distributeurs au cours des ans. Quand on a vu la version de 5h30 en 2000, quel choc ! Abel Gance était mort depuis vingt ans.

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2 • « À l’Ouest, rien de nouveau » de Lewis Milestone (1930). Le best-seller de Erich Maria Remarque adapté par un cinéaste né à Odessa engagé dans l’armée américaine en 1917. L’un des premiers films parlants, salué pour son « réalisme » (assez irréel, mais très efficace) et interdit par les nazis. Trois autres versions seront tournées, mais aucune n’aura autant de succès.

3« La Grande Illusion » de Jean Renoir (1937). Jean Gabin, Pierre Fresnay et Eric von Stroheim s’affrontent, s’observent, et se découvrent dans une forteresse-prison pendant la Première Guerre mondiale. Renoir et son scénariste Charles Spaak creusent l’humanité des personnages dans un univers inhumain. Le film a été interdit par Vichy, et détruit. Les Russes l’ont sauvé, en gardant une copie à Moscou.

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4« Alexandre Nevski » de Sergueï Eisenstein (1938). De la pure propagande patriotique, mais quelle propagande ! Alexandre Nevski combat les chevaliers Teutoniques à coups d’images inoubliables, et noie l’armée ennemie dans un lac glacé. Le pacte germano-soviétique de 1939 va contraindre le film à être retiré de l’affiche. Deux heures d’héroïsme stalinien, sublime plasticité des images et, ironie, n’oublions pas que Nevski était le prince de Kiev.

5 • « Le Troisième Homme » de Carol Reed (1949). La guerre après la guerre. Dans Vienne occupée par les Alliés, Joseph Cotten traque Orson Welles, son ex-ami devenu une crapule. L’un de ces films qui obsède le spectateur, avec la musique d’Anton Karas et le dernier plan d’Alida Valli au cimetière. Graham Greene, auteur du scénario, voulait donner le sentiment du péché. Raté : c’est la mélancolie qui domine.

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6 • « Eroica » d’Andrzej Munk (1958). Un film méconnu et rare. Un humour désenchanté pour deux histoires : celle d’un cocu qui fait le messager pour la Résistance polonaise et celle d’un faux héros dans un camp de prisonniers. Un regard dévastateur sur l’absurdité comique de la guerre.

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7 • « La Ballade du soldat » de Grigori Tchoukhraï (1959). Oui, c’est du mélo. Oui, c’est sentimental. Oui, ce soldat qui tombe amoureux ne reviendra pas… Tchoukraï a été sacré « artiste du peuple soviétique », et il était dans la ligne. Mais, malgré cela, le film est lyrique, avec du souffle et de l’émotion. Un détail (encore) : le réalisateur était ukrainien.

8 • « La Grande Guerre » de Mario Monicelli (1959). Alberto Sordi et Vittorio Gassman, totalement opposés, se retrouvent sur le front en 1916, et leur héroïsme est de pure façade : ce sont des trouillards. Monicelli, juste après « le Pigeon », est un maître de l’ironie mordante. Bernard Blier passe, et Silvana Mangano met un instant de grâce dans cette comédie über-amère.

Jacques Perrin dans « la 317e section » de Pierre Schoendorffer.Jacques Perrin dans « la 317e section » de Pierre Schoendorffer.

9 • « La 317e section » de Pierre Schoendorffer (1965). L’un des rares films français sur l’Indochine. Schoendorffer sait de quoi il parle : il était à Dien Bien Phu. Tourné comme un documentaire, c’est l’un des films les plus marquants du genre, et le cinéaste a été classé comme « militariste », à l’époque. Ce qui était une connerie. Le film est un chef-d’œuvre, point barre.

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10 • « L’Armée des ombres » de Jean-Pierre Melville (1969). Melville a été un authentique héros de la Résistance et, en transposant le roman de Kessel, trouve un ton génial. Revu aujourd’hui, le film n’a pas perdu une once, et a même gagné en pertinence. Lino Ventura, Simone Signoret et Paul Meurisse au top du top. On ne se lasse pas de les revoir.

11 • « Voyage au bout de l’enfer » de Michael Cimino (1978). Quand le film a été projeté au Festival de Berlin 1979, la moitié de la salle s’est vidée : les représentants des pays de l’Est et des pays dits progressistes (Cuba, Algérie), ont considéré que Cimino insultait le peuple vietnamien. Plus de quarante ans ont passé : le film est encore mieux.

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12 • « La Chute du Faucon noir » de Ridley Scott (2001). Au cœur de la guerre, dans sa forme la plus terrible : le combat urbain. Ridley Scott est un maître du storytelling. Jamais on n’a filmé l’atrocité, le courage, l’inutilité, le sang et le métal avec cette perfection. Le cinéaste bouleverse tous les codes : d’un seul coup, John Wayne est périmé.

D’autres titres ? En voici, en vrac : « Le Pont de la rivière Kwaï » • « Sergent York » • « Kanal » • « La Jeunesse d’Ivan » • « M.A.S.H. » • « 1917 » • « La Grande Parade » • « Casablanca » • « Rome ville ouverte » • « Docteur Folamour » • « Les Hommes contre » • « La Vie et rien d’autre » • « Les Sentiers de la gloire » • « Apocalypse Now » • « Inglourious Basterds »… Faites votre choix.

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