Culture Cinéma

Chaque mercredi, les journalistes de la rubrique cinéma du « Monde » proposent aux lecteurs de « La Matinale » leurs critiques des films à découvrir en salle.

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LA LISTE DE LA MATINALE

Humour et frissons au Japon dans le Shinkansen à grande vitesse avec Bullet Train, panique dans la Gironde dans L’Année du requin, trouble des sens pour la bruiteuse d’En décalage, une semaine de grand huit cinématographique…

A voir

« Bullet Train » : fantaisie et zigouillages à bord

Ancien cascadeur et chorégraphe de combats sur de multiples longs-métrages – Ocean’s Eleven, de Stephen Soderbergh (2001), Jason Bourne : l’héritage de Tony Gilroy (2012), etc. –, David Leitch a finalement choisi de mettre son métier au service de ses propres films, Atomic Blonde (2017), Dead Pool 2 (2018). Son activité de cascadeur, plus qu’un savoir-faire pouvant aider à la conception de chorégraphies pointues, structurait son approche, dictait la construction et la mise en scène de ses films.

Impression que vient confirmer Bullet Train, qui, durant plus de deux heures, s’évertue tout à la fois à user, contourner et faire exploser les contraintes du huis clos. Ce dernier est servi par le Shinkansen, train à grande vitesse japonais dans lequel, entre Tokyo et Kyoto, sept personnages plus ou moins recommandables et sanguinaires sont amenés à voyager : Coccinelle (Brad Bitt), un agent doué, pas méchant pour deux sous mais flanqué d’une poisse légendaire ; Prince (Joey King), tueuse psychopathe à l’allure d’écolière, ou encore Kimura (Andrew Koji), alcoolique notoire et criminel de seconde zone. Pour résumer : une somme invraisemblable de chassés-croisés, de télescopages et de coups foireux qui conduisent les uns et les autres à se tirer dans les pattes, à se tabasser et se zigouiller. La verve, l’humour, la fantaisie potache, le désamorçage quasi systématique des situations dites sérieuses, l’esprit cartoonesque qui avaient animé Deadpool 2 sont ici remis en scène dans un espace confiné et un temps suspendu que le réalisateur se plaît à distordre, à mettre en mouvement, à éclater, sans jamais nous perdre ni nous lasser. Véronique Cauhapé

Film américain de David Leitch. Avec Brad Pitt, Joey King, Aaron Taylor-Johnson, Brian Tyree Henry (2 h 07).

« En décalage » : une bruiteuse de son désynchronisée

L’héroïne, sobrement dénommée « C » (Marta Nieto, déjà vue dans Madre, de Rodrigo Sorogoyen), exerce le métier de bruiteuse et d’ingénieure du son, construisant de toutes pièces, à l’aide d’accessoires, l’épaisseur sonore d’une fiction criminelle (le bon coup de poing, le bon bruit de pas dans les feuilles mortes). La jeune femme traverse une crise personnelle, se retrouve bientôt sans emploi, et se découvre alors atteinte d’un trouble physiologique inédit : les sons lui parviennent avec un décalage, d’abord imperceptible, de quelques fractions de seconde, puis de plus en plus prononcé, jusqu’à creuser au cœur de la réalité un gouffre béant, empêchant toute prise sur les choses.

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