“Space Jam – Nouvelle ère” : quoi de neuf, Warner ?

Il y a 6 jours 19

Le reboot du hit de 1996 joue la carte d’une grande kermesse pop détournée en giga-pub du studio pour son fonds de catalogue.

C’était déjà un contrat publicitaire qui avait donné lieu à la sortie en 1996 du premier Space Jam, pensé par Nike comme une rampe de lancement idéale pour les Air Jordan, que le film filmait aux pieds de sa star avec une insistance suspecte. Mais si la notion même de placement produit pouvait encore à l’époque susciter des cris d’orfraie, l’anecdote paraît aujourd’hui bien gentillette.

Et notamment en comparaison avec cette suite, pardon cette Nouvelle ère de Space Jam et tant qu’on y est de l’entertainment en général – nouvelle ère, donc, qui n’est plus celle du récit, de l’imaginaire, bref d’une adhésion magique à l’autre monde de la fiction, mais celle de notions plus retorses comme la fan base, l’univers étendu ou le taux d’engagement.

On précise : Lebron James, sortant d’un rendez-vous chez Warner où on lui a proposé une série animée à sa gloire, est aspiré dans un vortex numérique et projeté dans une dimension matérialisant le catalogue Warner comme un grand parc d’attractions, avec petites planètes thématiques (Game of Thrones, Harry Potter, Mad Max, Matrix…).

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Capitalisme

Pour en sortir, il va donc devoir jouer au basket avec les Looney Tunes, mais c’est presque un détail tant le film ne ressemble pas à un film – plutôt à un clip de luxe diffusé en boucle sur la page d’accueil d’une plateforme en recherche d’abonné·es (en l’occurrence HBOMax, où le film sort parallèlement à sa sortie salles aux États-Unis, et qui se lancera à l’automne en France).

Misère de voir les toons réduits à un rôle de VRP pop, et les univers se contaminer les uns les autres dans une grande symphonie commerciale où l’on s’amuse certes brièvement de voir Speedy Gonzalez dans un bullet-time de Matrix ou Bip-Bip semant un convoi de Mad Max, mais où l’on s’étonne presque que le procédé ne se poursuive pas avec un Marv le Martien achetant des capsules de café ou un Pépé le Putois conduisant une berline hybride. Rien de tout cela ne jurerait dans ce film “fun”, mais totalement déprimant où tout, même les passions les plus naïves (celle du fils de Lebron pour la création de jeu vidéo) est avant tout un produit.

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