« Les stars, pour eux, ce ne sont pas les gens sur l’écran mais les réalisateurs » : A24, le nouveau code du cinéma indé

Il y a 1 mois 44
Par Clémentine Goldszal

Publié aujourd’hui à 06h00

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EnquêteUne lettre et deux chiffres au générique synonymes de film indépendant de qualité. Dix ans après sa création, cette société new-yorkaise de distribution et de production est devenue un acteur incontournable de la cinéphilie. Omniprésent à Cannes cette année, A24 pourrait obtenir la consécration.

Jonah Hill, Greta Gerwig, Harmony Korine, Robert Pattinson, Michelle Williams, Jesse Eisenberg, Alicia Vikander et Adam Sandler ont collaboré avec A24. Jonah Hill, Greta Gerwig, Harmony Korine, Robert Pattinson, Michelle Williams, Jesse Eisenberg, Alicia Vikander et Adam Sandler ont collaboré avec A24.

Un matin de juin 2012, à New York, Noah Sacco commence un nouveau travail. Le jeune homme âgé de 25 ans se dirige vers un immeuble industriel donnant sur le West Side Highway, une voie rapide située en bordure du fleuve Hudson, à l’ouest de Manhattan. Arrivé dans un minuscule bureau, avec une table pour tout meuble, il se retrouve face à un mur couvert de feuilles de papier exposant les divers projets de logo de son employeur, A24, une petite entreprise nouvellement créée dont il est le premier employé.

Une société de distribution comme il en existe des centaines dans le cinéma américain et dont le rôle est, une fois un film tourné, de lui offrir la meilleure exposition possible, de faire en sorte que les salles le programment, que les festivals le sélectionnent, que la campagne de promotion séduise les spectateurs, que le bouche-à-oreille fonctionne…

David Fenkel, Daniel Katz et John Hodges, les fondateurs, expliquent à Noah Sacco que le nom A24 est celui d’une autoroute qui traverse l’Italie d’ouest en est, de Rome à Teramo. Un souvenir d’une folle virée. Les trois trentenaires, qui ont fait leurs armes dans plusieurs domaines du cinéma indépendant et ont su convaincre le fonds d’investissement Eldridge de les aider à démarrer, lui proposent de s’occuper du développement et des acquisitions, avec pour mission d’aller dénicher des films en quête d’un distributeur.

Cannes, point d’orgue d’une année phénoménale

Dix ans plus tard, Noah Sacco n’est plus le seul membre de l’équipe d’A24. Ils sont aujourd’hui environ 150 à travers le monde. Après plusieurs adresses dans New York, l’entreprise a signé en octobre un bail de quinze ans pour 18 000 mètres carrés de bureaux au cœur du très élégant quartier de Chelsea. Depuis 2015, en plus de distribuer des films, A24 en produit, accompagnant financièrement des projets depuis l’idée originale jusqu’au montage final. Entre douze et quinze longs-métrages par an, pour un budget total de 70 millions de dollars.

Pour décorer leurs bureaux, ainsi que leurs locaux de Los Angeles et de Londres, les deux dirigeants (John Hodges ayant quitté l’aventure, sans que soient rendues publiques les circonstances et les raisons de ce départ) peuvent aujourd’hui compter sur les récompenses récoltées au fil des ans par tous ces films distribués et produits. Sept Oscars et trois Emmy Awards, ainsi qu’une ribambelle d’autres prix de festivals du monde entier.

Reviendront-ils de cette soixante-quinzième édition du Festival de Cannes avec une récompense, voire une Palme d’or ? Ce serait une consécration. En attendant le palmarès, samedi 28 mai, le studio sera présent partout sur la Croisette : deux films en compétition (Stars at Noon, de Claire Denis, et Showing Up, de Kelly Reichardt), trois à la Quinzaine des réalisateurs (Men, d’Alex Garland, Funny Pages, d’Owen Kline, et God’s Creatures, d’Anna Rose Holmer et Saela Davis), un à la Semaine de la critique, le premier long-métrage de l’acteur Jesse Eisenberg, When You Finish Saving the World, projeté en ouverture, et des ovnis, comme la nouvelle série d’Olivier Assayas, adaptée de son film de 1996, Irma Vep (catégorie Un certain regard), ou le documentaire sur Jerry Lee Lewis signé Ethan Coen, sans son frère Joel, projeté en séance spéciale.

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