Disparitions Cinéma

Incarnation de l’actrice sexy au début de sa carrière, elle est restée célèbre pour son rôle de Nini la blanchisseuse dans « French Cancan », de Jean Renoir. Elle est morte le 20 juillet, à l’âge de 90 ans.

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L’actrice Françoise Arnoul, ici en septembre 2016. L’actrice Françoise Arnoul, ici en septembre 2016.

Elle fut un temps l’une des figures de l’érotomanie cinéphilique française. Jeune rivale de Martine Carol dans les années 1950, puis éclipsée par Brigitte Bardot la décennie suivante, l’actrice Françoise Arnoul devint ensuite une comédienne prolifique, s’illustrant dans quelque 70 films. Elle est morte le 20 juillet à l’âge de 90 ans.

Née à Constantine le 9 juin 1931, Françoise Gautsch était issue d’une famille austère, alsacienne protestante du côté de son père et juive du côté de sa mère. Sorti de Polytechnique, Charles Gautsch venait proposer, chez l’acteur et directeur de théâtre Firmin Gémier, le texte d’une pièce de son cru. C’est là qu’il a rencontré Janine Gradwhol venait d’y être engagée après le Conservatoire, jouant aux côtés de Charles Vanel sous le nom de scène Janine Henry. Après leur mariage, Charles Gautsch opta pour l’armée et les colonies tandis qu’elle se vouait à sa famille, reportant sur sa fille ses rêves de devenir la Réjane ou la Sarah Bernhardt de demain.

A Rabat et Casablanca, où son mari général était en poste, Janine remontait volontiers sur scène pour des galas en faveur de la Croix-Rouge. Sa fille Françoise se déguisa en papillon pour le Carnaval de Schumann. Obligé de quitter l’armée à cause de ses critiques envers Vichy, reconverti dans l’industrie de la pêche, Charles Gautsch reste au Maroc pour ses affaires, Françoise suit sa mère à Paris, où elle dévore la revue Cinémonde. Lors de vacances à Bordeaux, elle entend sa mère annoncer à son père qui souhaitait voir Françoise embrasser une carrière de diplomate : « On va faire du cinéma ! » C’est elle qui a l’idée du pseudonyme : Arnoul est l’un des prénoms de l’ex-général.

Incarnation de séductrice trouble

Pour ne pas perdre de temps, Françoise Arnoul abandonne ses études en 2de, s’inscrit dans un cours d’art dramatique et signe bientôt un contrat dans une agence artistique. Elle tourne deux films en 1949 : Rendez-vous de juillet, de Jacques Becker, où elle dit une réplique, coupée au montage ; et L’Epave, de Willy Rozier, avec des scènes déshabillées qui attisent les fantasmes d’adolescents. Bernard Pivot avouera plus tard dans une interview combien les photos de ce film le troublèrent quand il était gamin. Françoise Arnoul confiera de son côté que nombre de ces plans étaient truqués : mineure à l’époque, elle était contrainte par la loi de se faire doubler pour les plans osés.

Françoise Arnoul va voir son profil évoluer grâce à un producteur, Henri Deutschmeister, qui s’apprête à financer French Cancan (1955) et conseille à Jean Renoir de l’engager.

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