“Kaamelott : premier volet” : tout ça pour ça

Il y a 6 jours 33

La montagne de teasing, entretenue ces dernières années par une fanbase quasi fanatisée, accouche d’une souris de comédie médiévale ringarde.

Ah oui, c’est vrai, c’était donc ça Kaamelott : des petites saynètes répétitives, théâtrales et lourdingues, avec des chevaliers patauds qui poussent des “oh bah je savais pas, eh !” et des chefs gonflés d’orgueil qui leur rétorquent des “mais vous êtes complètement empotés, enfin !”, et ainsi de suite, ad nauseam. À l’époque, ça avait la politesse de durer cinq minutes. Aujourd’hui, ça rêve plus grand.

On aurait presque pu se laisser convaincre que ça allait miraculeusement devenir autre chose, tant la shortcom arthurienne de M6 avait ces dernières années totalement disparu derrière un auteur lui très occupé à se mettre en scène sous un jour bien plus vénérable, sorte de version contemporaine de l’artiste renaissant polyvalent, écrivant des symphonies, dispensant des conférences de vulgarisation scientifique, etc. 

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La grenouille qui se prenait pour un bœuf

Et ii est vrai que c’est sans doute en partie à cause de cette figure que le film est aujourd’hui aussi antipathique, tant sa potacherie facile, ultra formatée, a toujours un peu l’air de vouloir se faire passer pour de la haute couture. Kaamelott est une farce empesée, inexplicablement pompeuse, un spectacle de Guignol traînant à ses pieds des boulets d’esprit de sérieux. La série, dans ces dernières saisons, avait déjà entamé un virage vers un registre hybride. Le film, lui, croule carrément sous les allers et retours entre le premier et le second degré, s’entichant par exemple de faire évoluer le Un gars une fille d’Arthur et Guenièvre en romance légendaire façon Tristan et Yseult. Mais quelle adhésion Astier espère-t-il susciter dans ces scènes à l’eau de rose, quand par ailleurs, il ne fait que traîner le mythe dans le lisier ?

Dérouler tout son petit solfège parodique, tout en s’y accordant toutes les dérogations tragiques au prix de la cohérence la plus élémentaire. Faire du coup un film qui ne tient pas une seconde debout, et s’y élever au-dessus de la mêlée, tel un Aragorn attendu comme le messie et scintillant par-delà les clowneries. Plonger le tout dans un bain de dialogues audiardoïdes dégénérés, infligeant toutes les trois secondes à nos oreilles un bon vieux mot sentant la France, un “glandu”, un “tintouin”, un “bazar”.

Voilà ce qu’est vraiment Kaamelott, et on a certes du mal à cacher notre agacement lorsqu’on veut ainsi nous vendre un ersatz du Donjon de Naheulbeuk au prix du kilo de légende d’Excalibur. 

Kaamelott : premier volet d’Alexandre Astier, en salle le 21 juillet

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