Culture Cinéma

Le nouveau dessin animé du studio fête l’américanisation du monde dans une débauche de couleurs mirifiques et de tableaux chantés.

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Mirabel, 15 ans, vit avec sa famille dans une maison magique dans la vallée d’Encanto en Colombie. Mirabel, 15 ans, vit avec sa famille dans une maison magique dans la vallée d’Encanto en Colombie.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Trois traditions hollywoodiennes s’interpénètrent dans le nouveau dessin animé de Disney. La célébration vibrante des valeurs familiales à Noël, vieille comme le monde. A peine moins ancienne, l’américanisation de la planète entendue comme faubourg plus ou moins exotique des Etats-Unis. Et, plus récente, la contribution méticuleuse à la diversité, histoire de se refaire une vertu. Quatre ans après le succès de Coco, essai d’inspiration burtonienne sorti du laboratoire Pixar-Disney, la firme repasse donc le plat latino, transposé – encore faut-il le lire dans les textes de présentation pour le savoir – en Colombie.

En vérité on n’est nulle part, sinon dans une version de Coco en mal d’inspiration, dont on ne se prive pas de reprendre le canevas : une famille unie, dont un vilain petit canard veut rompre les traditions, mettant au jour ce faisant un lourd secret dont la révélation consolidera au contraire la communauté. C’est ici la jeune Mirabel, brunette à lunettes vertes, qui tient ce rôle, elle qui ne dispose d’aucun pouvoir magique dans une famille dont chaque membre peut se targuer d’en posséder un.

Une maison magique

Ce privilège est lié à l’histoire de la famille. La grand-mère, fuyant avec les siens une attaque dans laquelle son mari laissa sa vie, s’installa voici longtemps dans la vallée d’Encanto, où Casita, une maison magique, devait assurer désormais la survie de sa fort nombreuse maisonnée (on est en Amérique latine) en conférant un pouvoir à chacun de ses membres. Témoin de cette protection, une flamme éternelle déposée par la grand-mère dans la maison, dont Mirabel, rétive au charme communautaire, entrevoit dans une vision terrible l’épuisement, le retour de la menace originelle et l’écroulement subséquent de la demeure familiale.

Sur cette trame colombienne digne de la fête juive d’Hanouka, la jeune fille, sourde aux objurgations de sa grand-mère, se lance dans une enquête pour sauver sa famille qui sera surtout prétexte à une multitude de tableaux chantés, dans une débauche de couleurs mirifiques et de feux d’artifice permanents. Sans revendiquer la moindre autorité musicale, et en précisant qu’on a assisté à la version française de l’événement, les chansons, mix égosillé de chanteuses à trilles interchangeables et de hip-hop des familles, nous ont paru atroces. Dira-t-on, pour autant, que les enfants ne tireront nul profit de ce spectacle ? On se gardera d’une telle certitude, la morale professée par le film commençant sans doute avec lui-même : le mieux est l’ennemi du bien.

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