En Normandie, des passionnés d’histoire tournent un film en hommage au régiment canadien qui libéra leur village le 7 juin 1944

Il y a 1 mois 44

Près de Caen a débuté le tournage d’un film documentaire, écrit et interprété par des spécialistes de la Seconde guerre mondiale et de la Bataille de Normandie qui ont décidé de raconter la libération le lendemain de leur village de Putot-en-Bessin par les hommes du Royal Winnipeg Rifles. Sortie prévue en 2024, pour les 80 ans du Débarquement. 

Ils sont historiens, chercheurs ou salariés de musée, tous passionnés par le Débarquement et la bataille de Normandie. Des spécialistes donc, qui ont voulu mettre en lumière le rôle des troupes canadiennes dans la libération de la France et de l’Europe, là où le cinéma, et Hollywood en particulier, a plus souvent narré les exploits des soldats américains.

"C’est une bande de copains qui a décidé de faire un film pour rendre hommage aux Canadiens. On travaille dans des musées, on est tous passionné par la Seconde guerre mondiale, tout du moins son histoire, on fait aussi de la reconstitution historique ; et là, le but c’est de faire un film qui puisse servir de vecteur d’intéressement pour les jeunes générations et de leur montrer ça d’une manière un peu alternative", explique Frédérick Jeanne, historien et membre de l'association Maple Leaf.  

FTR

Le rôle des Canadiens fût évidemment, lui aussi, essentiel dans cette reconquête de l’Europe face à l’Allemagne nazie, mais moins mis en lumière que celui des Américains, certes plus nombreux à débarquer sur les plages normandes. Mais tout de même une injustice pour les membres de l’association Mapple Leaf, feuille d’érable en français, l’emblème du Canada. Forts de leur expérience dans les reconstitutions, ils ont donc décidé de raconter l’histoire du Royal Winnipeg Rifles, le régiment qui libéra leur village de Putot-en-Bessin, située sur la très stratégique route nationale 13, entre Bayeux et Caen, l'un des objectifs prioritaires des troupes alliées le Jour J. Quarante-cinq soldats du régiment furent prisonniers à Putot puis exécutés par les nazis quelques jours plus tard.

Et en vrais spécialistes, très à cheval sur les détails et sur la vérité historique, forts de leur expériences en reconstitutions, ils n’ont rien laissé au hasard comme le raconte Florian Copez, membre de Maple Leaf : "Pour les casques, on a remis les matricules des soldats, on a refait les insignes qui sont très durs à trouver ; et on a refait aussi les bottes d’assaut qui sont très très rares puisqu’il en reste seulement trente-cinq paires dans le monde".  

Derrière la caméra, un pro, le réalisateur normand installé au Québec Julien De Bock qui s’est lancé dans l’aventure : "Il faut essayer de trouver des compromis entre l’Histoire et le cinéma. Par contre le gros avantage c’est que j’ai des gars qui sont pointus, qui savent ce qu’ils font et ont le matériel qu’il faut. On essaye de se rapprocher le plus possible de ce qu’il s’est passé en 44".

Le projet, à petit budget bien entendu (d'ailleurs une cagnotte en ligne est ouverte), sera tourné en plusieurs fois. Dernières sessions durant l’hiver et le printemps prochains, notamment à Juno Beach où débarquèrent les hommes du Royal Winnipeg Rifles, avec l’espoir pour tous de pouvoir présenter le film, intitulé Little Black Devils - From Juno to Putot, en 2024, année des célébrations du 80e anniversaire du Débarquement de Normandie. 

Tournage de la préparation du départ d'Angleterre, au Château des Chevaliers à Sainte-Croix-Grand-Tonne dans le Calvados. (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3 / T. CLEON) Tournage de la préparation du départ d'Angleterre, au Château des Chevaliers à Sainte-Croix-Grand-Tonne dans le Calvados. (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3 / T. CLEON)

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