“Doctor Strange 2” s’effondre au box-office américain : quel avenir pour la machine Marvel ?

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Malgré un phénomène déjà observé pour “Black Widow“ et “Spider-Man: No Way Home”, les raisons de la chute de fréquentation de “Doctor Strange 2” semblent cette fois plus inquiétantes pour Disney.

Lorsqu’il rejoint les salles obscures américaines, le 28e film du MCU, réalisé par Sam Raimi, arrive dans un paysage assez peu concurrentiel, principalement occupé par Les Animaux fantastiques 3 et Sonic 2. Le film de David Yates montre lui des chiffres timides pour un tel blockbuster, dus probablement aux retours assez mitigés auxquels il fait face outre-Atlantique, tandis que Sonic 2, malgré son important succès en six semaines d’exploitation, ne bénéficie plus de l’élan de la nouveauté.

Marvel Studios voit donc s’ouvrir un boulevard pour son nouveau mastodonte, et voit juste : avec 187 millions de dollars engendrés à l’issue de son premier week-end d’exploitation, Doctor Strange in the Multiverse of Madness réalise le 11e meilleur démarrage de tous les temps au box-office nord-américain. Mais peut-être que ce nouveau giga-succès tente de dissimuler une faiblesse ennuyeuse pour le studio aux grandes oreilles.

Une chute importante

Dès son deuxième week-end d’exploitation, le blockbuster de Sam Raimi enregistre une spectaculaire chute de 67 % de rentabilité, n’engendrant “que” 61 millions de dollars en trois jours, comme le rapporte Deadline. Autre indicateur de taille : avec 16 millions de dollars de recettes récoltés le second vendredi (jour de sortie aux États-Unis), Doctor Strange in the Multiverse of Madness voit ses performances du premier jour en salle baisser de 81 %. Pour comprendre en quoi ces chiffres pourraient devenir problématiques pour Disney, il faut les comparer à ceux des autres longs métrages récents du Marvel Cinematic Universe, tout en ayant en tête le contexte de leurs sorties respectives.

Un résultat déjà atteint dans d’autres circonstances

Sorti pendant la pandémie de Covid-19 à la fois en salle et sur Disney+ aux États-Unis, Black Widow a enregistré un peu plus de 80 millions de dollars pour son premier week-end d’exploitation, avant de chuter de 67,5 % la semaine suivante. Le très attendu Spider-Man: No Way Home avait quant à lui enregistré le score phénoménal de 260 millions de dollars pour son week-end d’ouverture, avant de chuter également de 67,8 % la semaine suivante.

Mais ces baisses de régime, somme toute relatives au regard des chiffres stratosphériques que nous évoquons, s’expliquaient par des circonstances de calendrier particulières : la pandémie et la sortie en simultané sur Disney+ pour Black Widow, et le week-end de Noël, dont la fréquentation des salles est historiquement faible pour Spider-Man. Le cas de Doctor Strange 2 semble a priori différent, à l’instar de deux autres films récents du MCU, Shang-Chi et la légende des dix anneaux et Les Éternels, dont la baisse de fréquentation était toutefois plus limitée en second week-end (-52 % pour Shang-Chi et -61 % pour le film de Chloé Zhao).

La phase 4 : un bilan contrasté ?

Parmi les derniers films du MCU, dans ce que les initiés appellent la “phase 4”, trois figurent parmi les cinq plus importantes chutes de la franchise après leur second week-end d’exploitation. Un bilan non négligeable, qui pourrait être symptomatique d’un début d’essoufflement pour le moment camouflé par des chiffres de fréquentation au beau fixe. Une communauté extrêmement fidèle et assidue demeure, assurant à Disney un socle confortable d’entrées à chaque sortie ; mais une fois que celle-ci a vu les films, généralement en première semaine, les chutes impressionnent.

Retours mitigés, attentes non satisfaites, bouche-à-oreille timide, peu de second visionnage du côté des fans… Les raisons évoquées par Deadline sont multiples, mais semblent toutes évoquer implicitement la même chose : le MCU semble créer moins de nouveaux fans qu’auparavant. Au regard des scores finaux décevants de films comme Les Éternels ou Shang-Chi, ces questions méritent d’être posées. Si convertir moins de nouveaux adeptes passe encore, Disney ne peut pas se permettre de perdre celleux déjà présent·es.

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