Culture Cinéma

Aux côtés notamment de Catherine Deneuve, l’acteur Benoît Magimel incarne un malade atteint du cancer qui se meurt.

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La mère (Catherine Deneuve) et Benjamin (Benoît Magimel) dans « De son vivant », d’Emmanuelle Bercot. La mère (Catherine Deneuve) et Benjamin (Benoît Magimel) dans « De son vivant », d’Emmanuelle Bercot.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Goûtant volontiers à une certaine cruauté dans le choix de ses sujets (Backstage, 2004 ; La Tête haute, 2015 ; La Fille de Brest, 2016), Emmanuelle Bercot y ménage souvent de bons affects de secours. C’est la puissance mille de ce mécanisme qu’atteint De son vivant, qui se range dans la catégorie, ô combien redoutable, y compris pour les spectateurs, du « mélo oncologique ».

La réalisatrice choisit à cet égard la méthode frontale, en entamant son film avec la condamnation claire et nette du malade par le praticien qui lui fait état de son cas (stade quatre du cancer du pancréas) et pose ainsi le cadre, pas particulièrement confortable, de sa fiction : quel accompagnement envisageable pour le condamné ?

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La seule réponse « raisonnable » pour un cinéaste – sauf à infliger une claque cuisante à la face du public et signer éventuellement un chef-d’œuvre (voir à ce propos Cris et chuchotements, d’Ingmar Bergman, ou La Gueule ouverte, de Maurice Pialat) – consiste à déverser sur cette saleté de maladie des hectolitres de chaleur, d’amour et de présence, à faire du film un geyser ininterrompu de bienveillance et du « care ». On peut le comprendre, tout en concevant dans le même temps l’évidente limite du procédé.

Dans le rôle du gisant Benjamin, Benoît Magimel s’offre ici en sacrifice. Partition compliquée à tenir – entre understatement bravache et cadavérisation progressive – que celle d’une victime absolue de la fatalité, touchée par le double scandale de la maladie incurable et de l’âge anticipé, qui fait qu’on part avant ceux qui vous ont fait naître.

Un ballet de douceurs

Il faut bien un ballet de douceurs, autour de cet abyme glacial et sans fond. Elles sont à profusion. La mère (Catherine Deneuve), qui dispense sur le fil de sa douleur ses dernières tendresses à son fils. Le cancérologue – Gabriel Sara dans son propre rôle, oncologue libanais dirigeant l’unité de chimiothérapie de l’hôpital Mount Sinai de New York –, qui développe une méthode de prise en charge non seulement physiologique, mais aussi émotionnelle totale. L’assistante du docteur Sara (Cécile de France), qui tombe physiquement sous le charme de Benjamin. Une élève énamourée de l’école de théâtre où enseigne Benjamin. Last but not least, le fils de Benjamin, jamais reconnu par son père, et dont l’entrée proprement dite dans le service où est en train de mourir ce dernier fait l’objet d’un suspense mené jusqu’au terme du film.

Le film se range dans la catégorie,
ô combien redoutable, du « mélo oncologique»

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