Culture Cinéma

Faute de distributeurs classiques prêts à assumer la promotion de ce film dérangeant les autorités chinoises, la diaspora hongkongaise le diffuse par ses propres réseaux.

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« Revolution of Our Times » (2021), de Kiwi Chow. « Revolution of Our Times » (2021), de Kiwi Chow.

Le documentaire Revolution of Our Times, réalisé par le Hongkongais Kiwi Chow, est le récit, peut-être même le porte-étendard, d’une rébellion spectaculaire et insolente qui dura tout le second semestre de 2019, à Hongkong, et qui fut, finalement, éteinte tant par la répression policière que par les mesures de contrôle sanitaire imposées par l’apparition du Covid-19, début 2020. Les événements provoquèrent une accélération historique du contrôle de Pékin sur sa « région administrative spéciale ».

Depuis sa première mondiale à Cannes, en juillet 2021 – les organisateurs avaient gardé sa diffusion secrète jusqu’à la dernière minute pour s’éviter les foudres des autorités chinoises –, le film a été montré au festival du film international Tokyo Filmex, en novembre 2021 et à Taïpei, au 58e festival Golden Horse, où il a obtenu le Cheval d’or du meilleur documentaire. Revolution of Our Times a également gagné le Grand Prix Impact 2022 au festival international du documentaire Fipadoc, à Biarritz, en début d’année.

Du point de vue des autorités chinoises, les défauts du film commencent par son titre, emprunté à un slogan politique plus long Libérez Hongkong, révolution de notre époque, qualifié de subversif par les tribunaux locaux. « Pour avoir brandi ou simplement prononcé ce slogan, plusieurs militants ont déjà écopé de lourdes peines de prison [sous la nouvelle loi draconienne de sécurité nationale imposée le 30 juin 2020], affirme Kiwi Chow au Monde. Le titre à lui seul rend déjà mon film illégal [en Chine et à Hongkong]. »

Bouche-à-oreille et succès

« Après le lancement à Cannes, nous pensions vraiment que nous allions trouver de solides réseaux de distribution, qu’il s’agisse de plates-formes en ligne ou de distribution classique. Mais, est-ce sous la pression de la Chine ou pour une autre raison, cela n’a pas marché… », note Kiwi Chow. Ce qui fut initialement une « réelle déception » est toutefois en train de se transformer « en grande joie ». Car c’est la nouvelle diaspora hongkongaise, qui s’est créée à la suite du mouvement, qui a pris à sa charge de le diffuser partout où elle peut. « Pour nous, c’est la meilleure façon de continuer notre combat. A Hongkong, il n’est plus possible de manifester. Mais diffuser le film à l’étranger, c’est une nouvelle forme d’engagement au service de la même cause », déclare Alie, qui souhaite rester anonyme.

Kiwi Chow, réalisateur : « J’ai voulu mettre en exergue les aspects révolutionnaires de cette révolte populaire, qui a véritablement innové et inventé de nouvelles façons de se rebeller »

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