Culture Cinéma

Le festival qui s’est tenu exclusivement en ligne a notamment récompensé « Bad Luck Banging or Loony Porn » du Roumain Radu Jude – Ours d’or – joué par des acteurs masqués.

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Katia Pascariu dans « Bad Luck Banging or Loony Porn », de Radu Jude. Katia Pascariu dans « Bad Luck Banging or Loony Porn », de Radu Jude.

« Ce n’est pas la fin, mais juste un commencement. » C’est avec ces mots que Carlo Chatrian, codirecteur artistique de la Berlinale avec Mariette Rissenbeek, a conclu au terme d’une sobre visioconférence l’annonce des prix de cette 71e édition, renvoyant à une véritable cérémonie qui, si les voyants sont bons, devrait avoir lieu au mois de juin en chair et en os sur le tapis rouge de la capitale allemande. Première grande manifestation d’envergure historique et internationale à avoir opté pour la dématérialisation, la Berlinale a tenu le pari d’une mouture en ligne peut-être réduite (100 films contre les 300 qui s’y bousculent habituellement), mais pas pour autant au rabais, avec une sélection stimulante qui relançait curiosité et désir autour des œuvres.

Au terme de cinq jours intenses, où les films étaient accessibles aux accrédités sur la plate-forme du festival par tranches de 24 heures, le jury composé de six réalisateurs anciennement lauréats a décerné son Ours d’or, récompense suprême, au film Bad Luck Banging or Loony Porn du Roumain Radu Jude.

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Dans cette satire virulente, l’une des premières fictions à intégrer le port du masque comme fait social, une professeure de collège se retrouve dans de beaux draps, traînée devant le conseil des parents d’élèves et menacée d’expulsion, après qu’une vidéo de ses ébats sexuels ait fuité sur Internet. Radu Jude, cinéaste activiste, féroce contempteur de la Roumanie postcommuniste, fait ici feu de tout bois, affronte la question pornographique, pour exposer à nu l’hypocrisie de la société actuelle (la sexualité comme épouvantail pour éviter les vrais problèmes) et ses refoulés historiques (un montage d’archive fait ressurgir les spectres de la seconde guerre mondiale et de la Révolution). Le propos, qui déborde largement le seul contexte roumain, est toutefois atténué par un dernier acte un peu théâtral, virant au grotesque. Tourné à vive allure et comme taillé à la serpe, ce brûlot politique, accusant l’amnésie politique des sociétés occidentales, n’en constitue pas moins un geste fort.

Triangles amoureux

Parmi les autres cinéastes à s’être partagés les Ours d’argent, on retrouvait deux figures majeures venues d’Asie. Avec Wheel of Fortune and Fantasy, grand prix du jury, le Japonais Ryusuke Hamaguchi (Senses, Asako I & II) poursuit son cinéma de la conversation poussée jusqu’à son point de rupture, où la politesse cède place aux aveux blessants. À travers trois histoires et autant de triangles amoureux mettant en jeu hasards et coïncidences, il sonde l’âpre vérité des cœurs et tisse une magnifique chaîne de personnages féminins.

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